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La francophonie au Japon

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Le photographe Antoine Poupel
投稿日 2006年3月1日
最後に更新されたのは 2016年8月16日
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Antoine Poupel: après l’objectif
 
Pour Antoine Poupel, le support photographique est un matériau destiné à être manipulé, agrandi, transformé. Le résultat? Des monotypes où la frontière entre l’image et la photographie s’estompe.
 
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© Franc-Parler
Franc-Parler: Quels sont vos premiers souvenirs d’appareil photo?
Antoine Poupel: C’est ancien, quand j’étais à l’école primaire, je crois qu’on avait fait quelques photos d’une abbaye. Sinon, ensuite les autres souvenirs assez magiques, c’est le laboratoire parce que lorsqu’on développe une image, il y a une apparition qui est toujours assez magique. Et ensuite, j’ai pratiqué la photographie avant d’entrer à l’école des Beaux-Arts. Quand j’étais à l’école des Beaux-Arts, j’ai un peu accentué la recherche. J’ai passé un diplôme sur les rapports entre la photo et la peinture.
 
Franc-Parler: Qu’on retrouve dans vos œuvres actuelles…
Antoine Poupel: Voilà. Toujours le côté un peu pictural de la photo. En parallèle, il y a quand même un côté un peu plus reportage. Vers 1990, j’ai fait toute une série de portraits de personnalités pour une exposition qui a tourné un peu partout en France et ce sont des personnalités connues et inconnues mélangées. Le principe étant de faire leur portrait avec des éléments importants dans leur vie. On faisait un photomontage. Parmi ces personnalités donc, j’ai rencontré Bartabas, le fondateur de Zingaro qui ensuite m’a demandé de faire des livres pour lui et j’ai aussi rencontré Alain Bernardin du Crazy-Horse qui m’a aussi demandé de faire des livres pour lui. En fait, c’est la rencontre de ces portraits artistiques qui m’a ouvert les portes des spectacles à la suite. Ce sont des spectacles qui m’intéressaient puisque le Crazy-Horse, c’étaient des projections de structures sur des corps, des lumières, de traits, des points. Et moi à l’époque, je faisais déjà des superpositions sur des corps avec des structures, donc on a trouvé des points communs. Et pour Bartabas, c’était aussi le côté aventureux qui m’a beaucoup plu parce que c’est quand même quelque chose d’assez unique dans le monde du spectacle. Il appelle cela théâtre équestre puisque Zingaro mélange de la musique, des histoires, avec des chevaux bien sûr.
 
Zingaro, Loungta
Zingaro, Loungta
Photo: Antoine Poupel
Franc-Parler: Vous continuez à photographier les mêmes sujets, les mêmes thèmes?
Antoine Poupel: Dans le cadre du Crazy et de Zingaro, oui parce que je les suis tous les deux depuis que j’ai fait les portraits de leurs directeurs, ça fait maintenant un certain temps, une quinzaine d’années. C’est intéressant puisque je suis en fait la genèse des spectacles; ça permet de faire des livres qui sont un peu plus intéressants puisque c’est assez complet. En ce moment, je travaille sur le prochain spectacle de Zingaro, qui commencera en avril en première mondiale en Turquie; je ferai le livre du spectacle. Avec le fait de travailler longtemps avec eux, il y a une complicité et une confiance qui s’instaurent. Donc, la liberté est de plus en plus grande par rapport à ces spectacles. En parallèle, je travaille toujours sur les portraits de personnalités, en particulier japonaises.
 
Franc-Parler: Vous utilisez le scanner. Quel est l’intérêt de cette technique?
Antoine Poupel: C’est de passer directement d’un sujet, des plantes, des fleurs des légumes, ou des corps, de les acquérir directement dans l’ordinateur avec une qualité très très haute au niveau de la définition. Et ensuite de les retravailler bien sûr avec les logiciels, ce qui permet de retransformer complètement les images. Donc, ce qui permet ensuite de les agrandir très très grand.
 
Franc-Parler: C’est une chose que vous ne pourriez pas faire avec un appareil photo classique?
Antoine Poupel: Pas encore. Les appareils numériques sont en train de s’améliorer très vite, mais au niveau haute définition, c’est encore mieux de scanner directement. Et puis, il y a un côté qui m’intéresse, c’est presque un côté médical. Quand on scanne une photo, c’est un peu comme une radio. Vous savez, vous mettez ça sur du verre et c’est un rapport complètement différent d’une prise de vue normale.
 
Coquelicot
Coquelicot
Photo: Antoine Poupel
Franc-Parler: Pour ces images numériques, vous utilisez beaucoup les fleurs, les pétales, des poissons séchés…
Antoine Poupel: Histoires naturelles…J’ai commencé à travailler les scans, je les ai appelés Histoires naturelles et ensuite, j’ai fait ça avec des corps: Histoire naturelle des peaux et tout se mélange en fait. Il y a un côté assez sensuel et sexuel parce qu’il faut savoir que les fleurs, c’est des sexes. Il y a aussi tout un rapport comme ça à la nature qui me paraît intéressant et aussi la transformation parce que le logiciel permet vraiment des transformations très compliquées qu’on ne pouvait pas vraiment faire en technique de laboratoire. Les nouvelles technologies, tout ça m’intéresse aussi beaucoup.
 
Franc-Parler: Vos œuvres se retrouvent sous forme de livres et aussi sur des murs. Est-ce que vous préparez la photo en fonction de l’usage qui va en être fait?
Antoine Poupel: En général, non. Je travaille d’abord les images, pour me faire plaisir donc, déjà pour moi. Ensuite l’utilisation est différente selon qu’elle est mise au mur ou dans un livre. Ce n’est pas la même utilisation. Voire même en faire des objets puisqu’on a transformé quelques images pour en faire des tables, des tables lumineuses. Ça, c’est encore une autre idée de diffuser les images, de pas seulement les mettre au mur, de pouvoir même les toucher car ce qui est intéressant sur les tables, c’est qu’on touche les images, on mange dessus, on boit dessus. En plus, on revient au scanner, parce que ce sont des images qui sont travaillées à partir de scanners et ça redevient une vitre, comme le scanner en fait. Ça revient à l’origine, de l’appropriation de l’image.
 
Mars 2006
Propos recueillis: Éric Priou



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