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Le danseur étoile de l’Opéra de Paris Nicolas Le Riche
投稿日 2006年11月1日
最後に更新されたのは 2016年8月16日
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Nicolas Le Riche, danseur étoile de l’Opéra de Paris
 
La représentation de Huis-clos de Sartre sur la scène du théâtre nô Tessenkai à Aoyama, a donné lieu, la première semaine de septembre, à un spectacle peu commun. Elle a aussi permis la rencontre du danseur Nicolas Le Riche qui jouait pour la première fois sur une scène.
 
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© Franc-Parler
Franc-Parler: Le passage de la danse au théâtre n’est pas forcément un passage évident…
Nicolas Le Riche: Non, ce n’est pas un chemin évident. C’est un autre travail qui me tente depuis plusieurs temps et puis c’était l’occasion en fait. C’est Guillaume qui m’a embarqué dans cette histoire, Guillaume Gallienne [sociétaire de la Comédie-Française], qui fait la mise en scène de cette pièce et comme souvent dans toutes ces aventures, c’est une histoire de confiance. Guillaume est venu vers moi. Il m’a dit: «Voilà, j’aimerais que tu fasses ça. Est-ce que ça te dirait?» Je lui ai dit: «Écoute, essayons et après tu me dis si tu penses que c’est envisageable ou pas.» et lui a eu l’air de penser que c’était une aventure qui valait le coup.
 
Franc-Parler: C’est un passage au théâtre avec quand même un lien avec la danse puisque votre entrée sur scène, c’est du nô dansé…
Nicolas Le Riche: Bien sûr. Je crois que toute cette aventure, c’est une histoire de rencontres. Si je la prends de mon point de vue, ça peut être une rencontre avec le théâtre, une première rencontre avec le théâtre, on va dire une rencontre directe. J’ai déjà rencontré le théâtre à d’autres endroits. Notamment, j’ai assisté Gao Xingjiang [prix Nobel de littérature 2000, résident en France] quand il a créé sa pièce au Vieux Colombier Quatre quatuors pour un week-end. Donc, là il s’agit d’une première sur scène. La première fois que je me sers de ma voix. Il s’agit aussi d’une rencontre avec d’autres artistes: Martine Chevallier, Thierry de Peretti et Anne Bouvier. Guillaume en fait, je le connais depuis très longtemps. Nous avions déjà travaillé sur un projet ensemble. Il m’a aidé à l’écriture d’un argument pour un ballet que j’ai fait pour l’Opéra de Paris qui s’appelle Caligula en début de saison au mois d’octobre de l’année passée. Et une rencontre avec maître Kanze [Tetsunojo Kanze qui dirige le théâtre Tessenkai] qui nous accueille dans ce lieu. Et au-delà de la rencontre de personne à personne, un échange assez intéressant qui a été fait et qui va se poursuivre. Demain nous avons encore un workshop avec lui sur les techniques nô.
 
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Photo: Atsushi Shibuya
Franc-Parler: C’est très différent de la danse classique…
Nicolas Le Riche: Bien sûr. C’est une technique très différente, ne serait-ce que pour une chose: bien souvent le danseur dans la danse occidentale telle que je la fais est en recherche d’élévation. On cherche à alléger notre corps sur le sol et là par exemple dans le nô, eux au contraire, ils sont entièrement dans le sol peut-être même sous le sol. C’est assez fascinant à voir.
 
Franc-Parler: Pensez-vous que la danse classique soit dédiée aux histoires type conte fantastique?
Nicolas Le Riche: Non pas forcément. Elle peut les servir comme elle peut ne pas les servir. Je pense qu’il existe des danses plus urbaines avec des chorégraphes qui sont plus urbains. La danse a ça de formidable, vous savez, que c’est un vocabulaire. Ensuite avec ce qu’on en fait et la manière dont on l’utilise, elle est propre à chacun. Donc, je ne pense pas qu’il faille la limiter en fait à simplement cette vision.
 
Franc-Parler: La danse classique a souvent un public assez choisi, élitiste. C’est une voie à suivre?
Nicolas Le Riche: Écoutez, je pense que le public de la danse classique… Puisqu’on parle de celle-ci, j’aime autant dire la danse de répertoire. Parce que bien souvent quand on emploie «danse classique», on la met en opposition avec la danse moderne, voire la danse contemporaine. Ce qui ne me séduit pas dans l’idée pour le simple fait que moi je me considère comme un contemporain. Ne serait-ce que dans le simple sens du mot. J’ai l’impression d’être quelqu’un d’aujourd’hui, même si j’interprète des ballets qui ont été donnés et créés au 19e siècle pour certains. Je me ressens vraiment comme un contemporain. Du reste, vous savez, à l’Opéra de Paris, où on a l’impression qu’il n’y a que de la danse classique. Aujourd’hui, 50% de la programmation est une programmation contemporaine avec des créations de grands créateurs. Ils sont tous venus. On pourrait citer Mats Ek, Pina Bausch, et bien d’autres Gallotta, Roland Petit, Maurice Béjart, Preljocaj enfin. On a une programmation qui est très très ouverte… Je reviens à votre première question. Je pense que le public qui assiste à des ballets classiques en ce moment est un peu un public en renouvellement. Nous sommes dans un entre-deux, puisqu’il y a des nouveaux spectateurs qui arrivent et d’autres qui s’ouvrent à la danse contemporaine, si on doit la qualifier comme ça. J’ai l’impression que le public s’élargit un petit peu. Maintenant sur le fait que le public soit un public élitiste, moi personnellement, ce n’est pas quelque chose qui me dérange. Certainement au contraire. Vulgariser la danse, je n’ai pas l’impression que ce soit quelque chose d’intéressant.
 
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Photo: Atsushi Shibuya
Franc-Parler: Est-ce qu’il y a un chorégraphe qui vous a plus marqué que d’autres?
Nicolas Le Riche: Moi ce qui me plaît dans ce que je fais, ce sont les rencontres. Honnêtement, faire de la danse dans mon coin, c’est quelque chose qui aujourd’hui ne me porte plus. Des rencontres, j’ai eu des rencontres très très fortes avec des chorégraphes comme Mats Ek, par exemple qui pour moi est quelqu’un d’absolument formidable, avec Roland Petit qui a été quelqu’un de très important pour moi. En son temps quand il était vivant, Noureev, Jerome Robbins et des plus jeunes qui, aujourd’hui, ne sont pas connus comme Jérémie Bélingard par exemple qui est encore un jeune danseur et qui fait de très belles chorégraphies.
 
Franc-Parler: Vous refusez souvent les interviews. Pourquoi?
Nicolas Le Riche: Tout à fait. Si vous voulez, le mode d’expression que j’ai choisi, c’est la danse et si j’ai choisi la danse, c’est pour une bonne raison: c’est que j’avais l’impression que c’était le meilleur moyen pour moi de m’exprimer. Et bien souvent dans les interviews, j’ai l’impression que le message que j’espère, que j’aimerais porter, j’ai l’impression qu’il ne passe pas forcément avec les mots. Et puis simplement, l’endroit de mon expression, c’est la scène. C’est l’endroit où je souhaite m’exprimer.
 
Novembre 2006
Propos recueillis: Éric Priou



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