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La francophonie au Japon

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Le chanteur Salvatore Adamo
投稿日 2002年2月1日
最後に更新されたのは 2016年6月22日
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Salvatore Adamo, au cœur de la chanson
 
À l’heure où les chanteurs tiennent le temps de 2 ou 3 succès, Adamo peut faire figure de phénomène; il assoit sa carrière dans la durée et la sérénité. Ambassadeur de la chanson francophone, il revient en tournée vers un public japonais à la fidélité infaillible.
 
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© Franc-Parler
Franc-Parler: On peut dire que le Japon, c’est comme une longue histoire d’amour.
Salvatore Adamo: C’est ça, oui. Elle dure depuis maintenant 33 ans. Parfois on me demande de l’expliquer. Sincèrement, je n’arrive pas à l’expliquer moi-même parce qu’il y a plein de chanteurs français qui sont sollicités au Japon. Certains viennent ponctuellement, sporadiquement. Moi, j’ai eu la chance de revenir pratiquement tous les ans depuis 33 ans et je ne sais pas à quoi ça tient. Et c’est ça qu’il y a de beau dans notre métier, c’est qu’il n’y a pas de recette et on ne sait jamais à quoi les choses tiennent.
 
Franc-Parler: Par rapport à la première fois, est-ce que les choses ont changé?
Salvatore Adamo: Bien sûr, les paysages ont beaucoup changé, mais ce qui est touchant, c’est que malgré toute cette modernité ambiante, le Japonais est resté très lié à ses traditions et il y a des valeurs et des principes de base qui ne se perdent pas. Ne fût-ce que le sens de l’accueil ou le respect de l’autre, ça c’est immuable et ça fait plaisir à voir. L’esprit civique, aussi.
 
Franc-Parler: Au Japon, entre les concerts, que faites-vous?
Salvatore Adamo: Les rares jours de relâche que j’ai, je fais comme tout le monde, j’ai fait du tourisme surtout au début. Maintenant, j’essaie de trouver une petite expo. J’aime beaucoup la peinture, j’ai eu l’occasion de voir des expos très intéressantes au Japon. J’ai vu Modigliani, il y a 2 ans, j’ai vu Norman Rockwell. Sinon, je marche dans les rues, j’écris, j’écris beaucoup au Japon.
 
Franc-Parler: Pour vos chansons, dans quel but écrivez-vous?
Salvatore Adamo: Au départ, je suis un timide et sans doute que la chanson m’a donné, non pas une assurance, mais a un peu atténué cette timidité. Au départ, c’était pour communiquer des petites émotions et puis de plus en plus maintenant, j’essaie de porter mon public vers une certaine réflexion, sur des choses qui m’ont choqué ou qui me tiennent à cœur. De plus, depuis 1993, je suis ambassadeur de l’UNICEF. Donc, même si mon engagement date d’avant cela, j’insiste plus depuis cette année-là, et sur chaque album, il y a 2 ou 3 chansons, entre guillemets, qui se veulent sociales, humanitaires, humanistes même.
 
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© Franc-Parler
Franc-Parler: En tant qu’ambassadeur de l’UNICEF, quel est votre rôle?
Salvatore Adamo: Je suis ambassadeur pour la Belgique. Je suis en quelque sorte témoin du peuple belge. On m’a envoyé 2 fois au Vietnam; la première fois en 93, c’était pour constater un problème endémique, là-bas, c’était une forme de cécité chez les enfants vietnamiens qui était due à une carence en vitamine A. Donc, je suis allé la première fois visiter des hôpitaux, j’ai vu en effet et c’était très triste, pas mal de gosses aveugles. Je suis rentré en Belgique, j’ai fait des spots de télévision, j’ai raconté aux Belges ce que j’avais vu. J’ai sollicité leur générosité et le Belge est très généreux de nature. Donc, ils ont répondu à l’appel, massivement. Et donc, avec cet argent, l’UNICEF est allé sur place et, en quelques années, en 3 ans, a circonscrit le problème. J’y suis retourné en 1997 pour constater justement le mieux-aller de cette situation. Et je suis revenu avec un grand sourire dire aux Belges: «Ça va beaucoup mieux depuis que vous avez contribué à cette action.» Et l’autre mission, c’était malheureusement plus dans l’urgence, c’était l’année dernière, je suis allé à la frontière du Kosovo. Et là, j’ai beaucoup hésité, je dois dire, avant d’y aller, parce que je me demandais sincèrement si c’était vraiment la place d’un chanteur. Puis, on m’a convaincu et j’y suis allé et j’ai vu toute l’absurdité du monde. Des gosses qui avaient perdu leur famille dont un, je me souviens, il avait été complètement défiguré par l’explosion d’une grenade. Et puis j’ai entendu des gosses chanter sous les tentes et au départ comme tout le monde, j’ai cru que c’était un chant insouciant, jusqu’à ce qu’on m’explique que c’était un chant patriotique. Et ça aussi c’était choquant que les gosses soient mêlés à la guerre. Et nous avons aussi constaté que les premiers sourires qu’on a vus revenir sur les visages des gosses, c’était lorsqu’on avait aménagé un cinéma en salle de jeu, qu’on leur a donné des crayons de couleur et du papier et qu’ils ont pu laisser leur enfance s’exprimer, donc leur contexte naturel. Bien sûr jusque-là, l’UNICEF s’était occupé de choses vitales comme la purification de l’eau et tout, mais, pour les enfants à proprement parler, on a décidé de faire une récolte de jouets. Et quand je suis rentré du Kosovo, j’ai fait toujours les mêmes spots à la télé et j’ai appelé les enfants belges à donner de leurs jouets. Et on a récolté 15000 tonnes de jouets, ce qui pour un petit pays de 10 millions d’habitants est extraordinaire.
 
Franc-Parler: Vous chantez ce que vous écrivez. Écrivez-vous aussi pour d’autres?
Salvatore Adamo: Très peu, j’ai très peu écrit pour d’autres. Je suis arrivé dans la chanson au début des années soixante où si vous voulez, ça ne se faisait pratiquement plus. Il y avait les premiers auteurs-compositeurs et chaque chanson correspondait à un chanteur, alors que la décennie qui précédait, un succès était chanté par tout le monde pratiquement. Maintenant, on revient à ces reprises où il y a plusieurs versions de la même chanson et donc, quand j’écris une chanson, elle passe par ma sensibilité. Il est arrivé que d’autres les chantent, mais au départ, je les avais écrites pour moi.
 
Franc-Parler: Avez-vous une préférence parmi vos chansons?
Salvatore Adamo: En ce moment, la chanson que je chante le plus volontiers, le plus intérieurement si je puis dire, c’est une chanson qui s’intitule Les heures bleues, qui est sur mon album Regards. C’est une chanson par laquelle je remercie mes parents de m’avoir offert une enfance lumineuse, malgré la difficulté de leurs propres vies. Difficulté dont j’ai pris peu à peu conscience avec l’âge. Au départ, je trouvais ça presque normal et puis petit à petit, je me suis penché sur des documents témoignant de la condition de vie des immigrés italiens, fin des années quarante. Et on a même découvert un document selon lequel, le gouvernement italien recevait une tonne de charbon par ouvrier qu’il envoyait en Belgique. Et penser que mon père a pu être échangé contre une tonne de charbon, ça fait beaucoup réfléchir, oui.
 
Franc-Parler: Est-ce que vous vous considérez comme un autodidacte?
Salvatore Adamo: Oui. En musique surtout. J’ai suivi quelques cours de guitare, j’en ai peut-être eu une dizaine en tout et petit à petit j’ai exploré à ma façon les harmonies d’une façon tout à fait autodidacte. Alors que pour les textes, là, mon père a fait suffisamment d’efforts pour que je suive des études. Disons que j’ai une formation littéraire alors que je n’ai pas de formation musicale.
 
Franc-Parler: Vous chantez également en japonais, Tombe la neige. Comment s’est passé l’apprentissage?
Salvatore Adamo: Phonétiquement bien sûr. Et je me souviens que la toute première fois j’ai chanté Tombe la neige en public, et alors que c’est une chanson qui se veut émouvante, je me souviens que le public a ri. À un moment donné, à un mot précis, je ne sais pas ce que j’ai dit de travers, mais le public a ri. Dans chaque pays où je vais, par respect pour le public, j’apprends au moins une chanson dans sa langue. En plus, comme j’avais fait des études de linguistique, mais surtout tournées vers les langues germaniques: anglais, allemand et néerlandais, donc, j’ai eu assez de facilités pour enregistrer dans toutes ces langues et ça m’a beaucoup aidé. En Allemagne notamment, ça m’a permis de faire une carrière intéressante.
 
Franc-Parler: Avez-vous rencontré des interprètes japonais de vos chansons?
Salvatore Adamo: J’en ai rencontré notamment une, Koshiji Fubuki, qui a disparu il y a une quinzaine d’années maintenant, à laquelle je dois beaucoup, puisque c’est elle qui a fait connaître mes chansons avant que je ne vienne au Japon. Elle avait enregistré Sans toi ma mie, Tombe la neige. Et puis j’en ai rencontré d’autres. Il y a au Japon, plus de 500 versions locales de Tombe la neige. Certains pensent que c’est une chanson folklorique. J’ai eu moi-même l’occasion de m’en rendre compte dans un avion où j’avais entendu une version instrumentale de Tombe la neige qui me plaisait bien. Donc, j’ai demandé à l’hôtesse si elle pouvait me dire de quoi il s’agissait et elle m’a dit: «This is a japanese traditionnal song Yuki wa furu.» J’ai dit: «Merci du renseignement.» [rires]
 
Février 2002
Propos recueillis: Éric Priou



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