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L’accordéoniste Richard Galliano
投稿日 2001年12月1日
最後に更新されたのは 2016年6月22日
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Le new musette, le second souffle de l’accordéon
 
Redonner vie à l’accordéon, puiser dans toutes les ressources de son instrument: double pari tenu par Richard Galliano, venu fin août, pour une série de concerts au Blue Note de Tokyo.
 
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© Franc-Parler
Franc-Parler: Pourquoi avez-vous fait le choix de l’accordéon?
Richard Galliano: Par rapport à l’image de mon père qui est un accordéoniste. Et comme tous les enfants, on veut ressembler à son père et moi, le premier contact que j’ai eu par rapport à la musique et à l’instrument, c’est l’image de mon père jouant de l’accordéon. Dans les premiers temps, je l’ai imité en fabriquant des petits accordéons en papier et en mimant ce qu’il faisait. Après, il m’a donné les premiers cours et après dans l’adolescence, comme tout adolescent, je me suis écarté de ce qu’il faisait. Je suis allé plus vers la musique classique, plus vers le jazz. Et aujourd’hui, lui a 74 ans, moi j’en ai 50 et on se rejoint, on a beaucoup de choses en commun, notamment les valses musettes, toutes ces racines de la musique qui se joue à l’accordéon en France.
 
Franc-Parler: Vous utilisez un accordéon traditionnel?
Richard Galliano: C’est à la fois traditionnel mais ce n’est pas un accordéon de type français. C’est plutôt un mutant de l’accordéon à touches piano, c’est un type d’accordéon qui ne se joue jamais en France d’ailleurs. Moi, je l’ai eu par hasard parce que mon deuxième professeur exportait ces instruments dans la région de Nice qui est très proche de l’Italie, avec l’idée de l’imposer en France. Mais en fait, j’ai été un des seuls à qui il a vendu ce type d’instrument. Parce que ça ne correspond pas au son traditionnel de l’accordéon français qui est un peu plus agressif, un peu plus métallique. J’utilise toujours cet instrument que mon père m’avait offert quand j’avais 12 ans. Là, le clavier vient d’être refait parce qu’il était à bout de souffle, c’est le cas de dire.
 
Franc-Parler: Pourquoi avez vous créé le new musette?
Richard Galliano: Alors, c’est vraiment un conseil qui me vient directement d’Astor Piazzola, lui a créé le new tango. Et à l’époque, on se fréquentait pas mal et moi je n’avais pas encore commencé, j’étais dans le monde de l’accompagnement. J’accompagnais Barbara, Claude Nougaro, des chanteurs français comme ça, mais j’avais très envie de faire quelque chose de personnel. Mais je ne savais pas par quel bout le prendre. Et un jour, Astor, j’étais allé le chercher à l’aéroport, dans la voiture, d’un coup, il me dit: «Il faut à tout prix que vous fassiez le new musette.» Et moi, j’ai mis ça en application fidèlement sitôt après sa mort. Je sentais qu’il était dans le vrai. Il m’avait même donné certaines directives à respecter comme la formation de base du musette manouche. C’est guitare, basse, batterie et accordéon.
 
Franc-Parler: Comment pourrait-on caractériser le new musette?
Richard Galliano: Le new musette, ça part de la tradition du musette. Il faut savoir qu’il y a eu des accordéonistes magnifiques dans les années 40: Tony Murena, Gus Viseur, Jo Privat et cette musique musette, c’était déjà de la fusion. La fusion des immigrés italiens qui sont arrivés à Paris, qui étaient en concurrence avec des musiciens auvergnats qui jouaient de la musette, c’est un instrument un peu comme la cornemuse, et aussi l’influence des musiciens manouches. Le plus représentatif, c’est Django Reinhardt qui a écrit des valses musettes magnifiques. Et après ça, il y a eu un genre de trou noir. Il y a eu dans les années soixante des accordéonistes beaucoup plus populaires, mais qui faisaient une musique moins intéressante, plus commerciale avec des sons très désaccordés. Il y a ce conflit de générations que nous avons en France, on a un peu honte de nos racines. Alors moi, c’était de continuer cette tradition, mais en gardant ces racines de fusion, de sang mêlé avec les influences de tout, du jazz bien sûr, parce que je suis un amoureux du jazz, de la chanson française, de la musique classique et puis surtout ce respect de mélodies.
 
Franc-Parler: Votre base, c’est Nice?
Richard Galliano: Non, en fait à l’âge de vingt ans, j’ai quitté Nice pour aller sur Paris pour faire le métier de musicien. C’est-à-dire accompagner tous les chanteurs, Reggiani, Barbara, Nougaro, Juliette Gréco, faire beaucoup de studio, jusqu’avec la rencontre avec Astor Piazzola. Et à ce moment là, après ce conseil là, j’ai gagné un peu ma liberté, j’ai rencontré Dreyfus, j’ai commencé à faire des disques, à faire des concerts un peu partout. J’habite toujours Paris, rue de Maubeuge, mais j’ai gagné ma liberté dans le sens que maintenant je peux partir de Nice comme de Rome, parce que je joue toujours principalement en Europe quand même. Et après 25 ans passés à Paris, j’ai eu aujourd’hui la possibilité de retourner dans ma région et suivant les époques, de vivre un peu plus près d’une partie de la famille qui est à Nice.
 
Franc-Parler: Comment se passe une année de musique?
Richard Galliano: C’est à peu près 120 concerts en Europe, quelques exceptions comme Tokyo. C’est jamais pareil, c’est beaucoup de voyages, beaucoup de concerts et en général et par contrat aussi, je fais un disque par an pour Dreyfus.
 
Franc-Parler: Alors, le Japon…
Richard Galliano: Oh là là, c’est une longue histoire le Japon. La première fois, je suis venu en 75 avec l’orchestre de Franck Pourcel et j’étais musicien dans l’orchestre en tant que tromboniste et j’ai joué quelques morceaux à l’accordéon. Je suis revenu une fois avec Pierre Barouh pour l’accompagner en tour de chant, on avait fait 2 ou 3 concerts ici. Et puis après, je suis venu une première fois au Blue Note avec Biréli Lagrène, à l’ancien Blue Note. Après nous sommes venus dans le cadre du festival Jazzin’Paris et là, je suis venu en duo en 99, je crois, avec Michel Portal. Et après, pour Noël, au Blue Note un trio avec 2 musiciens italiens et là, ça doit faire la sixième fois. Ça commence à devenir une habitude.
 
Franc-Parler: On retrouve dans vos albums les noms de Daniel Humair, Michel Portal. Alors, c’est un club fermé ou une ouverture?
Richard Galliano: Mon souci, ça a été l’ouverture parce que l’accordéon a souffert d’un esprit un peu consanguin, les gens ne restaient que dans le milieu de l’accordéon, ne jouaient que des morceaux d’accordéon. Alors moi, j’ai eu très envie dès le départ d’aller vers des musiciens, que ce soient Michel Portal, Eddy Louiss pour le prochain disque, des musiciens américains. Parce que j’ai le sentiment que pour redorer le blason de l’accordéon, ce sont eux qui ont fait le plus beau travail, parce que le fait de jouer avec Portal, avec Eddy Louiss, fait que les gens voient l’accordéon d’une autre manière. Il n’y a plus ce racisme musical de dire que l’accordéon est un sous-instrument, c’est seulement pour les flonflons, les papiers gras et tout ça. Mais je n’ai jamais craché dans la soupe dans le sens où j’ai toujours gardé le côté tradition et histoire de l’accordéon. Donc, même si je le joue avec Daniel Humair, on va jouer des valses-musettes, des tangos, des thèmes de jazz aussi. Mais à aucun moment, je n’ai renié mes racines et mon origine, l’origine de mon instrument, parce que sinon je me sentirais complètement déraciné, à côté de mes pompes.
 
Franc-Parler: Avec Eddy Louiss, comment s’est fait le choix des morceaux de votre nouvel album Face to Face?
Richard Galliano: C’est vraiment face à face parce qu’Eddy Louiss est un musicien qui a besoin du regard des autres musiciens, du sourire des autres musiciens et contrairement au duo avec Michel Portal où on joue face au public, avec Eddy Louiss, on est face à face.Tout au long du concert, on se regarde. C’est une chose très importante et le choix de morceaux a été fait d’une manière équitable. C’est-à-dire des propositions des compositions d’Eddy Louiss qui est quelqu’un de très pudique. Avant de sortir un morceau, il réfléchit, il lui faut du recul, il lui faut qu’il sache où il met les pieds. Moi, il y avait des morceaux que j’avais composés à l’époque où j’ai composé Amandine ou Azul Tango, je n’imaginais pas du tout les jouer avec Eddy Louiss. Sous le ciel de Paris, ça a été un morceau qui a été difficile à imposer, parce que c’était un morceau qui faisait un peu peur au producteur. Il avait peur du côté carte postale et puis un peu le défaut qu’on a, en France, on a un peu peur de notre propre culture. Il faut savoir que Sous le ciel de Paris, pour moi, c’est la mélodie de chanson, peut-être la plus belle qu’on ait faite en France. Et la manière dont on la joue, on la joue d’une manière un peu traditionnelle et puis après on déborde vers le jazz et on finit vraiment à Montmartre. Eddy Louiss, son orgue hammond, ça devient un orgue de barbarie. C’est peut-être le morceau le plus poétique de l’album et c’est pour ça que j’ai un peu insisté. Et finalement Francis Dreyfus a réalisé que c’était tout simplement beau et qu’il fallait le mettre sur le disque.
 
Décembre 2001
Propos recueillis: Éric Priou



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