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La francophonie au Japon

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Thomas-Louis Côté, directeur du Festival de la bande dessinée francophone de Québec
投稿日 2017年12月18日
最後に更新されたのは 2018年3月16日
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Thomas-Louis Côté: Vive la bédé livre!
 
Partager et faire partager les attraits de la bande dessinée semblent être les maîtres-mots du Festival de la bande dessinée francophone de Québec dont la trentième édition a accueilli une délégation de la ville de Shanghai. Son directeur actuel, Thomas-Louis Côté qui veille sur ses destinées depuis déjà douze ans ne ménage pas ses efforts et projette lui aussi hors frontières (Belgique, Cuba, Japon au Musée international du manga de Kyoto) la présence de la bande dessinée québécoise avec une exposition tournante.
 
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© Franc-Parler
Franc-Parler: Puis-je vous demander…vous, personnellement que lisez-vous en bande dessinée?
Thomas-Louis Côté: Je suis un lecteur très varié dans mes choix. Le fait que j’essaie d’être à jour un peu sur ce qui se fait au Québec et ailleurs fait que j’ai des intérêts autant pour la bande dessinée jeunesse que dans la bande dessinée plus intimiste. Le manga, il faut que je m’y mette, c’est un monde que je connais moins. Mais j’essaie de suivre dans le fond souvent les recommandations de mes amis libraires qui eux essaient de me dire: «Ah, il faut que tu voies ce livre-là, il faut que tu lises ça.» Et aussi les éditeurs m’en envoient parfois donc ça me permet de voir différentes choses que je n’aurais pas nécessairement regardées à prime abord.
 
Franc-Parler: Le festival est essentiellement francophone. Avez-vous des ouvertures sur d’autres pays?
Thomas-Louis Côté: Le festival a l’appellation Le festival de la bande dessinée francophone de Québec depuis son début. Ça reflète peut-être un peu moins ce qu’on fait maintenant au sens où on se concentre quand même sur la bande dessinée francophone et la bande dessinée traduite mais on a de plus en plus une ouverture à inviter des auteurs qui ne sont pas traduits. C’est arrivé avec des auteurs italiens par exemple. Et l’an dernier, on avait une délégation de Shanghai où il y avait trois auteurs et sur les trois il y en avait seulement un qui était traduit. Mais ça permet quand même de montrer au public ce qui se fait un peu en bande dessinée ailleurs.
 
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Franc-Parler: Et comment ça se passe vos relations avec vos voisins anglophones?
Thomas-Louis Côté: Eh bien c’est quand même deux réalités différentes. J’ai de très bons rapport par exemple avec le Toronto Comics Art Festival qui est un événement, le plus gros événement consacré à la bande dessinée indépendante au Canada. Cependant, c’est deux réalités au sens où le marché n’est pas pareil. Les auteurs se connaissent mais ils ne se côtoient pas nécessairement. C’est vraiment deux communautés différentes. Il y a des mixages qui se font quand même.
 
Franc-Parler: Sélection artistique…Comment procédez-vous?
Thomas-Louis Côté: L’idée est d’être à jour dans le fond sur ce qui se fait en bande dessinée au Québec et un peu au plan international aussi. Le festival est un festival qui s’est axé depuis douze ans maintenant sur la bande dessinée québécoise, beaucoup. Donc, avec un intérêt principal pour faire la promotion de la bande dessinée québécoise. On invite par contre une quinzaine d’auteurs internationaux, France, Belgique, Espagne, Italie pour venir rencontrer les lecteurs aussi au Québec.
 
Franc-Parler: Actuellement, vous avez beaucoup d’auteurs destinés aux adultes. Est-ce que vous avez des choses pour les enfants?
Thomas-Louis Côté: La programmation est faite pour rejoindre à peu près tous les publics. Donc, on a une variété d’auteurs et les auteurs québécois qui sont présents parce qu’on essaie d’avoir chaque année la majorité des auteurs qui ont publié dans l’année ou dans les deux dernières années, ça fait qu’on a une variété d’auteurs autant jeunesse, adulte, intimiste à du très alternatif. Donc, on essaie de tout avoir. Et dans notre programmation, c’est reflété aussi par les choix. Comme les expositions. On a des expositions destinées aux enfants, des spectacles où c’est destiné au public jeunesse. L’idée n’est pas de se limiter à un genre ou un public mais de voir comment on peut répondre aux besoins de tous et chacun.
 
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Franc-Parler: Au niveau logistique, pour un festival tel que le vôtre, ça demande quel genre d’équipe?
Thomas-Louis Côté: Ça demande quand même beaucoup de main-d’œuvre. On travaille avec nos partenaires. Donc, les lieux dans lesquels on est présents. L’an dernier, on était présents dans 34 lieux, donc avec les équipes de chacun des lieux. Sinon, pour le festival lui-même, on est dans la période pré-festival, trois sur la programmation et la logistique. C’est moi dans le fond, le seul qui est à l’année sur l’événement. Donc, je fais autant la direction artistique que la direction administrative. Mais pour l’événement, on est trois qui est un noyau. Et après ça, on a une équipe d’une cinquantaine de bénévoles et de plusieurs autres intervenants et techniciens, aide à la logistique et tout selon les besoins. Donc, on est toute une équipe qui travaille fort pendant un court laps de temps.
 
Franc-Parler: D’accord. Donc, une cinquantaine de bénévoles, ça veut dire que l’implication des gens de la ville de Québec… Comment voient-ils leur festival?
Thomas-Louis Côté: Les bénévoles dans le fond, c’est un atout pour un événement comme le nôtre. Ce sont des gens qui veulent s’impliquer, qui veulent participer à l’accueil des auteurs, à l’accueil du public aussi et le public répond très bien à un événement comme le nôtre. Il faut savoir qu’on est un peu atypiques dans la forme où on a la portion Salon. Ce qui est souvent dans le cas des festivals, mais qui dans notre cas est un des éléments plutôt. Parce qu’on a des expositions, les spectacles prennent beaucoup beaucoup de place. Le cœur du salon est à l’intérieur du Salon du livre de Québec. Donc, on essaie d’avoir une présence dans un événement qui attire beaucoup de monde pour augmenter la présence de la bande dessinée. Le Salon du livre de Québec, c’est 68000 visiteurs. Donc, de pouvoir offrir une vitrine à la bande dessinée, pour nous c’est très important à l’intérieur de ça. Donc, on a des espaces de kiosques. On a un espace d’animations, on a une scène aussi qu’on anime durant les cinq jours de l’événement en plus de ce qu’on fait à l’extérieur. Donc, l’an dernier, on avait 132 activités, je crois, au total dans notre événement, réparties sur une période d’un mois total. Mais le cœur de l’événement était sur 9 jours. Donc, c’est beaucoup de choses en un cours laps de temps.
 
Franc-Parler: Au Québec, les lecteurs lisent la bédé papier ou la bédé sur portable ou sur tablette?
Thomas-Louis Côté: Un peu comme partout dans la francophonie parce que c’est la même chose du côté franco-belge, la bande dessinée numérique n’a jamais vraiment attiré le public. Le lecteur, francophone si on veut, aime l’objet. La bande dessinée amène beaucoup aussi à la collection. Les gens aiment se bâtir une collection, avoir les Tintin, avoir les Spirou. Tout ça pour pouvoir…
 
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Franc-Parler: Et en québécois?
Thomas-Louis Côté: En québécois, les Paul par exemple. Mais pour pouvoir le partager avec d’autres. Le numérique ne permet pas ça. Et la bande dessinée est créée actuellement pour le papier. Dans sa forme, dans sa façon de présenter, l’idée de mettre des doubles pages, d’avoir des «shuut!!», d’avoir le plaisir de tourner la page pour avoir la suite. Le numérique n’offre plus ou moins ces possibilités-là et je pense que là où la bande dessinée numérique va être intéressante, et qui commence à l’être d’ailleurs parce qu’il y a certaines initiatives, c’est par le développement de contenus spécifiques au médium. Puis, il faut dire aussi qu’en numérique actuellement, il n’y a pas de standard dans le format. Donc les tablettes, il y a des mini tablettes, des grandes tablettes, des très grandes tablettes, des portables. À mon avis, c’est difficile, je crois de créer du contenu en bande dessinée qui est universel à ça et la forme papier de la bande dessinée est limitée justement par les formes. Ce qui est peut-être moins le cas de bandes dessinées comme le manga où il y a des formats qui sont beaucoup plus petits qui se prêtent beaucoup mieux à des tablettes ou le comic américain qui a un format qui rappelle un peu le ipad au niveau des feuillets. Mais la bande dessinée européenne et québécoise par défaut, parce qu’on a quand même une école similaire, est souvent dans des formats qui se prêtent moins au numérique.
 
Franc-Parler: Je passe du coq-à-l’âne, pardon. Le public de votre festival à Québec, vient essentiellement de la région, de la province du Québec, des provinces du Canada? Ou est-ce qu’il y a aussi un public international?
Thomas-Louis Côté: On a quelques… à l’occasion, des gens qui viennent à l’international mais on vise principalement le public québécois. Public de la région de Québec, public de Montréal et de l’est du Québec dans le fond. Donc, on cherche à présenter, comme je disais, en ayant l’intérêt de mettre de l’avant la bande dessinée québécoise. Il faut savoir qu’au Québec, c’est encore un médium qui est méconnu. Donc, il y a une très bonne vitalité au niveau de la bande dessinée québécoise mais il y a a encore beaucoup de travail à faire pour aller chercher le public. Et puis, c’est un renouvellement constant de jeune public, le public adulte et le public ado. Le public évolue et l’idée c’est qu’il ne lâche pas le médium de la bande dessinée. Parce que souvent l’idée est que la bande dessinée, c’est un médium jeunesse. Donc, les parents vont encourager les jeunes à lire. C’est très bien si on encourage à lire de la bande dessinée, ce qui n’est pas toujours le cas. Mais après ça, il faut garder le goût de la lecture pour la bande dessinée pour la suite. Et je pense qu’en misant sur le public québécois et puis en créant une programmation qui est adaptée à leur besoins puis à leurs envies, ça y est pour beaucoup.
 
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Connaissez-vous la bande dessinée du Québec?
© Délégation Générale du Québec au Japon
 
Franc-Parler: Donc, les pistes de croissance ne manquent pas.
Thomas-Louis Côté: Non effectivement. Puis on travaille sur des collaborations par exemple avec Lyon où on amène la bande dessinée québécoise à être présentée ailleurs. Et comme on le fait avec l’exposition ici au Japon et d’autres collaborations qu’on a faites par le passé, c’est au-delà de la présentation de l’événement à Québec et du public québécois. On a dans nos actions aussi la volonté d’exporter un peu la promotion de la bande dessinée québécoise via des actions dans d’autres régions.
 
Franc-Parler: Dernière question. Les éditeurs québécois sont, je l’imagine aux premières loges. Ils sont très intéressés par votre festival alors.
Thomas-Louis Côté: Oui. On travaille avec eux depuis toujours. Donc, les éditeurs, des gens comme La pastèque qui ont débuté en 1998 étaient dès leurs débuts au festival. Et on tente de travailler avec eux justement pour voir chaque année comment on peut les mettre en valeur. Il y a des expositions et puis il y a la présence des auteurs. Et les autres activités qu’on fait. Et ce qui est intéressant, c’est qu’il y a des éditeurs qui comme La pastèque, ou par exemple Mécanique générale, d’autres éditeurs québécois qui ont des catalogues très intéressants et qui réussissent à avoir beaucoup de nouveautés chaque année. Donc, de travailler avec eux, c’est un plaisir.
 
Tokyo le 13 décembre 2017
Propos recueillis: Éric Priou

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