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Le réalisateur Benoît Jacquot et L’école de la chair
投稿日 2017年12月10日
最後に更新されたのは 2018年3月29日
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Mieux vaut tard que jamais ? Voici une interview inédite de Franc-Parler, publiée… un certain temps après sa réalisation.
 
Le réalisateur Benoît Jacquot et L’école de la chair
 
Transposer le roman L’école de la chair du japonais Yukio Mishima au cinéma, n’implique pas forcément de conserver, l’époque ou le lieu. C’est le parti pris du réalisateur Benoît Jacquot qui offre cet écrin à l’actrice Isabelle Huppert qui sera nominée pour le César de la meilleure actrice en 1999.
 
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© Franc-Parler
Franc-Parler: Pouvez-vous parler de votre trajet dans le cinéma?
Benoît Jacquot: J’ai fait une dizaine de films de long métrage de cinéma depuis 1975. J’ai fait mon premier film assez jeune, je veux dire plus jeune que l’âge qui est en général celui où on fait un premier film. C’est-à-dire, j’avais 27 ou 28 ans. Et comment dire, j’ai fait des films pendant toutes ces années. Donc j’ai fait cette dizaine de films assez irrégulièrement. C’est-à-dire qu’il m’est arrivé de rester plusieurs années sans tourner de films pour le cinéma. Puis tout d’un coup de faire en un an deux films.
 
Franc-Parler: C’est dû à quoi? Votre humeur ou le budget?
Benoît Jacquot: Ah non, ce n’est pas mon humeur. Le cinéma, c’est pas décider qu’on va écrire quelque chose ou pas dans quelque chose et s’acheter des feuilles de papier ou bien une toile pour peindre ou pour écrire. Il faut à chaque fois inventer, construire, décider un chantier quand même assez considérable. Puisque quand on fait un film, on le fait avec…même si on le fait de façon économique…Qu’on le fasse de façon économique ou de façon luxueuse, ça coûte toujours beaucoup d’argent. Ce sont des moyens techniques lourds et ça engage à faire travailler avec soi un nombre de personnes relativement élevé. En tout cas, on ne fait pas un film seul. Donc, ça dépend des occasions, voilà. Pour moi, ça dépend en tout cas si la situation du moment-là où je fais le film se prête à ce que j’ai envie de faire à ce moment-là. Et quelquefois, ça tombe si bien que je peux en faire 2 ou 3 sur le coup et puis quelquefois c’est pas possible parce que c’est pas le moment, voilà tout.
 
Franc-Parler: Je vois dans votre biographie que vous avez été assistant réalisateur auprès de Marguerite Duras. Est-ce que vous pouvez parler un petit peu de ce que vous aviez-vous fait en ce moment-là?
Benoît Jacquot: En effet, moi j’ai commencé non pas dans une école de cinéma comme ça se fait quelquefois ou bien en passant par la critique comme ça se fait d’autres fois, en France, en tout cas. Moi, j’ai commencé par être très jeune assistant metteur en scène. J’ai été assistant metteur en scène de gens très très différents qui représentaient toutes sortes de façons de faire du cinéma et la dernière personne dont j’ai été l’assistant, c’est Marguerite Duras, oui. Que j’ai aidée à faire 3 ou 4 films je crois.
 
Franc-Parler: Vous avez choisi ce film, tiré de Mishima. Pourquoi avez-vous choisi ce livre?
Benoît Jacquot: Pour moi, c’est un peu un hasard parce que j’avais lu quelques livres, quelques romans de Mishima, pas celui là. Et jamais, je n’aurais pensé faire un film d’après un roman de Mishima. Et puis en fait, c’est parce que je cherchais, je voulais faire un film avec Isabelle Huppert et je cherchais un personnage pour elle et la productrice qui avait l’intention de faire ce film avec moi, m’a donné ce roman à lire en me suggérant que peut-être là, il y avait au moins le départ d’un personnage intéressant pour ce que je voulais faire à ce moment-là avec Isabelle Huppert.
 
Franc-Parler: Est-ce que vous êtes resté proche du livre?
Benoît Jacquot: Assez finalement je crois, C’est-à-dire que bizarrement je me suis beaucoup éloigné du livre dans le temps et dans l’espace puisqu’au lieu que ça se passe, que l’histoire se déroule au Japon dans les années 50, ça se déroule en France et de nos jours. Donc, c’est quand même un changement radical, mais passé ce changement-là, je suis resté assez proche de ce qui est en jeu profondément dans le livre.
 
Franc-Parler: Est-ce qu’il y a des éléments justement de ce livre qui étaient difficiles à transposer dans une œuvre tournée?
Benoît Jacquot: Il y avait des éléments impossibles. Parce que le livre, en tout cas, en première lecture, au premier abord a ça de très frappant, qui est d’être un document extraordinaire sur le paysage social et mental féminin du Japon des années 50, des années sortie de guerre. Donc, ça évidemment, comme je voulais faire un film français et contemporain, c’était tout à fait inimaginable. Donc, il a fallu que je mette ça de côté.
 
Franc-Parler: Il y avait un petit passage où ils buvaient de la bière japonaise. Autre passage également dans un restaurant japonais…
Benoît Jacquot: Dans un restaurant japonais, oui à Paris. Il y a à Paris et sans doute dans d’autres villes et capitales du monde, mais à Paris beaucoup, il y a un Japon en France qui existe, comme un Little Tokyo ou je ne sais pas quoi. Et ça m’amusait et m’intéressait que le film venant d’un livre japonais, même si je m’éloignais comme je l’ai dit dans l’espace et dans le temps du livre, [que] le Japon réapparaisse par instants, par moments dans le film. Elle travaille chez un couturier japonais, elle habite un lieu où on reconnaît enfin des calligraphies ou des choses qui viennent du Japon. Il y a une espèce de boucle japonaise dans le film.
 
Franc-Parler: Est-ce que pour faire ce film, vous avez vu des films japonais?
Benoît Jacquot: Je suis depuis longtemps très impressionné par le cinéma japonais, par le cinéma classique japonais. Et spécialement par Mizoguchi. C’est-à-dire que Mizoguchi Kenji est probablement le cinéaste qui m’a donné envie de faire des films.
 
Franc-Parler: Je change un petit peu de lieu. Vous avez tourné aussi au Maroc. Est-ce que c’est un choix neutre, le Maroc? J’ai pensé à Gide, les rapports de la femme et de l’homme au Maroc, dans les pays musulmans.
Benoît Jacquot: Non, bien sûr que ce n’est pas un hasard selon ce que vous dites là. Mais ce qu’il y a surtout, c’est que je voulais que le personnage masculin du film, le jeune homme, soit un étranger. C’est-à-dire qu’il vienne d’ailleurs, voilà et qu’il vienne d’un ailleurs très reconnaissable par les Français. C’est-à-dire en général un ailleurs d’ex-colonisé. Donc, je voulais qu’il vienne…ça pouvait être l’Algérie, la Tunisie ou le Maroc et qu’il fasse retour dans ce pays d’origine avec le personnage joué par Isabelle Huppert. Et donc, on a choisi le Maroc vous voyez, parce qu’en même temps, on voulait un lieu qui se prête au tourisme.
 
Franc-Parler: Dans ce film, vous avez parlé de duel entre l’homme et la femme. Est-ce qu’il y a un gagnant, un perdant?
Benoît Jacquot: Ah non, ça ce sont des… les duels entre hommes et femmes, à mon avis, sont des duels où il n’y a jamais de gagnant ni de perdant. Ce sont des duels éternels, qui ne finissent jamais même s’il y a abandon quelquefois. Ou même s’il y a une pause dans leur vie, on peut avoir le sentiment sur le moment que l’un ou l’autre a gagné, mais c’est jamais celui qu’on croit en fait.
 
Franc-Parler: Est-ce que vous feriez une histoire qui finit bien parce que celle-ci ne finit pas très très bien en fait. Est-ce que vous aimeriez faire une histoire d’amour qui finisse bien?
Benoît Jacquot: Ça m’attire beaucoup mais je ne sais pas si je saurai le faire, si je saurai y croire moi-même d’abord pour le faire croire. Mais j’aimerais bien, volontiers. Pourquoi pas si ça peut bien exister.
 
Franc-Parler: Pour finir, comme dernière question, est-ce que vous avez d’autres projets actuels?
Benoît Jacquot: Oui, j’en ai beaucoup. Pour les deux ans qui viennent, j’ai quatre films à faire, voilà.
 
Franc-Parler: Vous avez du pain sur la planche…
Benoît Jacquot: J’ai du pain sur la planche. J’en ai un que je vais faire dans quelques mois, un que je commence à préparer, avec encore Isabelle Huppert, Virginie Ledoyen, Fabrice Luchini et Vincent Lindon. Ensuite, je fais un film aux États-Unis, peu de temps après avec Catherine Deneuve et des acteurs américains, en anglais. Et ensuite, je fais un film avec Daniel Auteuil.
 
Festival du film français de Yokohama, 1998
 
Propos recueillis: Éric Priou

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