フラン•パルレ Franc-Parler
La francophonie au Japon

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Guy Foissy, auteur de théâtre
投稿日 2002年6月1日
最後に更新されたのは 2016年3月15日
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Lever de rideau sur Guy Foissy
 
Contre vents et marées, le théâtre français contemporain se porte bien et déplace toujours autant les spectateurs. Le voilà ce mois-ci au Japon grâce à Guy Foissy. Nous avons rencontré pour vous cet auteur qui recherche avant tout un théâtre de la vérité, de la simplicité et de la sincérité: un théâtre qui parle de nous, qui nous parle. Un théâtre de la vie.
 
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Franc-Parler: Vous avez commencé très très jeune à écrire…
Guy Foissy: Oui, j’avais 14 ans quand j’ai fait ma première pièce. C’était pas bon mais enfin je l’ai quand même fait. C’était une pièce en vers parce que j’avais comme référence le théâtre classique. Et après j’ai écrit beaucoup de pièces. Je cherchais inconsciemment ce que j’étais capable de faire. J’ai été joué pour la première fois, j’avais 24 ans, en 1956, au Théâtre de la Huchette. Et j’ai été joué juste avant que Ionesco s’installe et continue. Moi, j’ai dû être joué en décembre et lui, si je me souviens bien c’est janvier ou février 57, La cantatrice chauve s’est installée, ça se joue toujours et moi, c’était un mois et ç’a pas marché.
 
Franc-Parler: Et est-ce que vous avez trouvé très vite votre style, votre genre?
 
Guy Foissy: Très vite, je sais pas trop, je sais pas trop, non. Ce n’était pas si rapide que ça. J’avais écrit une pièce qui s’appelle L’arthrite et quand j’ai terminé ça, je me suis dit: «Ah! C’est ça, c’est ça que je peux faire.» Parce qu’avant, j’avais fait des choses très très différentes et là j’ai eu l’impression que c’était ça, parce que je crois qu’on ne peut osciller qu’à travers un éventail assez restreint. Je ne peux pas écrire du Feydeau, je ne peux pas écrire du Brecht, par exemple. Ça, je ne suis pas capable. Donc, c’est à l’intérieur d’un éventail. Et c’est avec cette pièce, L’arthrite que j’ai trouvé, c’est ça.
 
Franc-Parler: Est-ce que vous pourriez cerner un peu justement, cet éventail?
Guy Foissy: Ça, c’est difficile de cerner, c’est difficile. Je pense que c’est un théâtre qui est en général très ancré dans la réalité, qui parle de problèmes d’aujourd’hui, comme ça, avec des personnages d’aujourd’hui. Et bon, on pense que j‘ai un style très parlé alors qu’en fait, j’ai un style très parlé mais assez littéraire. J’ai eu le Grand prix de l’humour noir et ça, ça me convient très bien. C’est dans ce domaine-là.
 
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Franc-Parler: Et pour vous l’humour noir se définit comment?
Guy Foissy: Je sais pas, je sais pas définir, mais je crois que en plus par rapport à l’humour, je crois que dans l’humour noir, il y a un peu la dimension de la mort qui intervient.
 
Franc-Parler: Est-ce que c’est facile pour les traducteurs justement de rendre cet humour?
Guy Foissy: Je sais pas. Il faut leur demander. Mais de toute manière, ce qu’il faut, c’est adapter les pièces plutôt que d’essayer de les traduire avec tout à fait l’esprit français. Je crois qu’il faut adapter, trouver ce qui correspond, ce qui est équivalent dans la langue, dans la culture en général.
 
Franc-Parler: Quels sont les grands thèmes que vous aimez aborder?
Guy Foissy: J’ai parlé beaucoup de l’information parce que ça me semble important: comment elle est faite par les médias, quelque chose comme ça. C’est toujours des gens que je montre, je n’ai pas de discours à faire sur l’information ou sur quoi que ce soit d’ailleurs. Je montre des gens qui sont victimes de quelque chose: de la télévision, de la presse. J’ai parlé du chômage, ce sont des thèmes comme ça; j’ai parlé du racisme dans mes pièces, mais toujours à travers des gens qui vivent une situation.
 
Franc-Parler: Et dans la vie vous êtes plutôt optimiste ou pessimiste?
Guy Foissy: Je sais pas. Je ne crois pas être très optimiste, mais je me marre, je m’amuse. Je m’amuse beaucoup, mais je crois que je suis quelqu’un d’assez pessimiste, d’assez angoissé. Quelqu’un a dit de moi, ça, ça m’avait bien plu: “je suis un “auteur tragique qui fait rigoler.” Ça, ça me plaît bien.
 
Franc-Parler: Dans vos pièces, il y a beaucoup de femmes. Quel regard portez-vous sur les femmes?
Guy Foissy: Un regard très troublé, bien sûr. J’aime beaucoup les femmes, mais je suis très féministe intellectuellement et politiquement. Dans le comportement, c’est différent, il y a une culture. Quand j’étais petit, on m’a dit: «Tu vas pas pleurer. T’es pas une fille, enfin.» Politiquement, je suis très très féministe. Je crois que les femmes tout au moins n’ont pas encore gagné la partie, qu’il y a encore beaucoup beaucoup de chemin à faire avant d’arriver vraiment à une égalité tout à fait normale. Et j’écris de plus en plus des rôles de femmes. Et il y a des choses qui m’ont fait très plaisir, je ne suis pas homosexuel, je le précise. Pour au moins deux de mes pièces, des gens m’ont dit: «Ah, on pensait que l’auteur était une femme.»Parce que comme j’aime les femmes, je m’intéresse, j’exprime bien ce qu’elles peuvent ressentir. Ce n’est pas prétentieux de ma part de dire ça, c’est une chose qu’on me dit, j’aime bien me découvrir des personnages féminins. Dans Le roi de haut en bas, il y a des hommes qui n’aiment pas du tout la pièce et même ici, un Japonais qui m’a dit un peu comme ça: «Ben dites donc, les hommes qu’est-ce qu’ils prennent!»
 
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Franc-Parler: Cette aventure au Japon date depuis combien d’années?
Guy Foissy: C’est assez fou. En fait, ça date, je ne me souviens plus bien, je crois que c’est en 69. En fait ça a commencé comme ça: ma première pièce a été éditée dans la revue L’Avant-scène, une pièce qui s’appelait En regardant tomber les murs. Très peu de temps après, c’est un peu étonnant, il y a une grande édition, je crois que c’est Hakusuisha, qui m’a demandé si j’étais d’accord pour qu’ils l’éditent dans une anthologie du théâtre mondial. Je sais pas pourquoi. Il y avait 1789 de Mouchkine, Pinter, le Living Theater. Ils ont pris cette petite pièce. Très rapidement, elle a été jouée, on m’a demandé d’envoyer d’autres textes. J’étais pas édité donc j’ai envoyé des manuscrits au Bureau des copyrights français qui m’a demandé donc, des pièces qui ont été jouées par des troupes. Et dans ces troupes, j’ai remarqué qu’il y en avait une qui me jouait assez régulièrement. Et en 76, Masao Tani m’a demandé si j’acceptais qu’ils portent mon nom et qu’ils jouent mes pièces. Et voilà. Et le plus étonnant c’est que 25 ans après, ça dure. C’est ça qui est fou.
 
Franc-Parler: Et dans le monde...Vous avez eu aussi une activité culturelle, vous avez travaillé à Gênes…
Guy Foissy: Oui, j’ai toujours eu un métier, j’ai jamais été seulement auteur, je n’y tenais pas. J’aurais pu essayer, de travailler à des époques j’aurais peut-être pu le faire, mais je trouve très embêtant d’écrire en pensant qu’il faut gagner sa vie avec ça. Je trouve ça très embêtant en fait pour moi, je ne porte pas de jugement. Et donc, j’ai été ce qu’on appelle cadre de l’action culturelle. Je travaillais dans les Maisons de la Culture, des choses comme ça, des Centres dramatiques nationaux. J’ai été administrateur et puis j’ai été directeur d’un Centre d’action culturelle, on dit Scène nationale maintenant, ça a changé de nom, en France à Mâcon. Et après, j’ai été directeur du centre culturel de Gênes et depuis 20 ans maintenant, un peu plus de 20 ans, je suis président de l’association d’une troupe professionnelle à Cannes, la compagnie 73 au théâtre de Cannes, président de l’association. C’est une dame qui est directrice et je travaille beaucoup pour eux.
 
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Franc-Parler: C’est un travail un peu de solitaire, l’écriture?
Guy Foissy: Oui, oui, sûrement. Et puis, je construis pas, je suis assez paresseux peut-être mais c’est pas ça. Sans prétention, si vous voulez me faire plaisir, vous ne me dites pas que je suis auteur dramatique, vous ne me dites pas des choses comme ça, vous me dites – je suis poète dramatique. Je crois que c’est ma manière d’écrire de la poésie et je ne construis pas, les mots viennent.
 
Franc-Parler: Lorsque vous écrivez vous pensez à la diction?
Guy Foissy: Je pense à rien, quand j’écris. Je pense à rien et la plupart du temps je ne sais pas, j’écris, des choses viennent, je ne suis pas le seul comme ça. C’est les mots qui viennent et des personnages qui s’imposent. Je suis sensible à la musique de la langue. La langue française est une très belle langue, pleine de nuances. Et je suis sensible à la construction musicale, mais c’est après que je le vois. Tout ça est inconscient naturellement. On s’aperçoit quand elle est faite que c’est parti comme ça, qu’il y a des mouvements qui se font et puis à un moment donné, ça s’arrête. Après coup, on s’aperçoit de ça. Ça, ça me plaît.
 
Juin 2002
Propos recueillis: Nathalie Priou



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