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Le cinéaste Yann Beauvais
投稿日 2003年4月1日
最後に更新されたのは 2016年8月20日
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Yann Beauvais, Ouvrez l’œil!
 
Le cinéma, ce n’est pas seulement des longs métrages en salle. Témoin, le cinéaste Yann Beauvais, basé à Paris, qui vient à Tokyo pour une installation-spectacle, Des rives, en marge du Festival de cinéma expérimental européen, Rivages lointains, dont il a, par ailleurs, établi le programme.
 
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© Franc-Parler
Franc-Parler: Qu’est-ce que Des rives que vous présentez au Spiral Hall le 26 avril?
Yann Beauvais: C’est une performance cinéma. Donc, on utilise des projecteurs de films qui vont projeter sur des écrans translucides, c’est-à-dire qu’on pourra voir de part et d’autre. Il y a de deux à quatre projecteurs et je vais intervenir en direct sur des images. Le sujet du film, c’est la vision de New York. Une vision un petit peu particulière, dans la mesure où elle est constituée d’images, on pourrait dire, comme celles d’un éventail. Et donc, on en a plusieurs qui se multiplient les unes les autres et de temps en temps, les deux écrans vont faire comme des essuie-glace. Et on va se balader dans New York au travers des essuie-glace.
Pendant que ça a lieu, le musicien Thomas Köner va faire la musique, qui est en général à partir de sons de New York. C’est une musique électronique et je vais intervenir en racontant des choses, mais aussi en agissant avec d’autres projecteurs, afin de produire de nouvelles images en direct. Et donc, c’est quelque chose qui se construit pendant 45 minutes, une heure, et qui est assez envoûtant autant par la musique, que par ce qu’on peut voir et que soudain, on est dans un environnement plastique, je crois assez stimulant.
 
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Franc-Parler: Pourquoi avez-vous choisi New York comme thème?
Yann Beauvais: J’avais choisi New York parce que c’était une ville dans laquelle j’ai séjourné ou habité pendant de nombreuses années. Et comme c’était une commande du Centre Georges Pompidou, au moment où ils ont passé la commande, ils m’ont demandé ce sur quoi je souhaitais travailler. À ce moment-là, c’était sur la ville de New York. J’ai essayé de donner à voir à travers des couches d’images, mais côte à côte finalement, cette impression que lorsqu’on va dans une ville, on n’arrive jamais dans une ville vierge. On a toujours des idées qui viennent d’avant, comme des clichés et donc, on a comme une sorte de brouillage manifeste. Et je voulais restituer tout ce que moi, j’ai pu ressentir de cette ville depuis l’âge de neuf ans jusqu’à aujourd’hui, à peu près.
 
Franc-Parler: Est-ce que Paris est un lieu important pour le cinéma expérimental?
Yann Beauvais: Très. Depuis 5, 6 ans, c’est redevenu un lieu important parce qu’il y a de nombreuses projections, il y a de nombreux cinéastes qui font beaucoup de travaux. Il y a aussi énormément de lieux de présentation de films. Il y a 21 ans, j’avais fondé une coopérative qui s’appelle Light Cone et qui au début, avait une trentaine de films. Maintenant, elle en a 2500. C’est devenu l’un des plus gros distributeurs européens. Mais ce que ça a permis surtout, c’est que l’accessibilité des films qui sont à travers cette coopérative a pu permettre à des gens, petit à petit, de s’intéresser à ce genre de cinéma et de voir qu’il n’y avait pas seulement du cinéma grand public ou d’art et d’essai. Mais qu’il pouvait y avoir d’autres cinématographies, qui faisaient parfois des liens avec le monde des arts plastiques, ou d’autres fois avec la musique électronique, ou d’autres fois encore avec la vidéo et la télévision. C’est un petit peu ça, c’est un creuset à partir duquel on arrive à irriguer, et qui semble intéresser de plus en plus de gens.
 
Franc-Parler: Quelle est la différence avec le cinéma Art et Essai par exemple?
Yann Beauvais: C’est toujours un peu délicat de donner une définition du cinéma expérimental dans la mesure où c’est presque un cinéma qui est défini par défaut. Chaque génération va proposer une nouvelle approche. Par rapport à l’Art et Essai, je pourrais dire que le cinéma expérimental, c’est avant tout une écriture personnelle. C’est souvent la réflexion d’un projet qui affirme un «Je». Ça peut être très très souvent aussi un travail qui met en relation le support qui est utilisé, avec la manière de l’appréhender. Ça peut être particulièrement stimulant, comme un petit peu difficile. C’est une forme avec laquelle on pourrait invoquer la poésie. Tout le monde ne lit pas de la poésie mais s’il n’y avait pas la poésie, il n’y aurait pas une certaine, disons, une disponibilité ou appétit du langage. Donc, le cinéma expérimental ne s’adresse pas forcément à tout le monde, mais il peut toucher tout le monde. Vous allez me dire qu’il n’y a pas tellement de différence avec le cinéma d’art et d’essai. La chose que je dirais, c’est que dans ce cas-là, il y a quand même une différence, parce qu’il n’y a pas toujours l’alibi d’une histoire. Et donc, ça peut être quelque chose de purement visuel, et on vous demande finalement de vous laisser aller à un développement de forme, un peu comme la musique vous propose quelque chose dans le temps, sans forcément vous conter quelque chose, à part leur développement.
 
Franc-Parler: Vous êtes vous-même cinéaste. Quel est votre travail?
Yann Beauvais: Depuis une dizaine d’années, je fais des films autour du sida et là, on ne peut pas éviter quelque chose où il est difficile d’évacuer le sens. D’autres cinéastes vont travailler sur l’écologie et des notions écologiques en essayant de montrer qu’il y a un rapport entre l’outil qu’ils utilisent, et puis tout ce qui se passe dans le monde. D’autres vont peut-être tout simplement essayer de nous proposer quelque chose qui est vraiment fait dans le cinéma expérimental, qui est des journaux filmés. Raconter sa vie au quotidien, essayer d’évoquer un certain nombre de choses dont on n’a pas l’habitude, parler de ses souffrances, mais sans la médiatisation d’un acteur, en le faisant directement, montrer la vision que l’on a du monde.
 
Franc-Parler: Les réalisateurs de films expérimentaux passent-ils au long métrage?
Yann Beauvais: Je dirais que les véritables créateurs de cinéma expérimental appartiennent, ou restent dans ce genre-là. En général, ils se satisfont combien même ça soit difficile, financièrement, économiquement. C’est leur terrain de prédilection. Un poète n’écrit pas nécessairement, ne décide pas d’écrire un roman. Il n’y a pas de nécessité. De même, ce n’est pas parce que vous faites un court métrage que vous allez vouloir nécessairement faire un long métrage. Je ne crois pas que les cinéastes expérimentaux vont se plier nécessairement au marché. Par contre, certains cinéastes vont pouvoir faire aussi bien des films traditionnels, grand public que des films expérimentaux, ou des films publicitaires ou d’autres. Et lorsqu’un plasticien arrive à gérer tout cela, là je trouve quelque chose d’intéressant, dans la mesure où il montre qu’il n’y a pas une spécificité du travail. On peut agir différemment selon les projets.
 
Franc-Parler: En France, où peut-on voir ce genre de cinéma?
Yann Beauvais: Je crois que la plupart des grandes villes françaises maintenant montrent du cinéma expérimental de manière relativement fréquente, entre une fois tous les quinze jours, une fois toutes les semaines, une fois par mois. Ça dépend. Mais il y a de plus en plus une sorte de filon autour de cela, qui a été aussi irrigué par le fait que de nombreux cinéastes ont aussi essayé de mettre en place des laboratoires dans lesquels ils apprenaient à développer eux-mêmes leurs films, et à pouvoir ne plus dépendre des laboratoires officiels. Ayant créé une sorte d’alternative, il est évident qu’ils peuvent maîtriser absolument toutes les étapes de fabrication d’un film, du tournage au développement au tirage. Et là, ça donne une sorte de liberté incroyable.
 
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© Franc-Parler
Franc-Parler: Une liberté que l’on retrouve dans le choix des supports?
Yann Beauvais: Ça aussi, puisque de nombreux cinéastes peuvent commencer à filmer en super 8 et transférer en vidéo, et travailler à l’ordinateur puis décider de repasser à quelque chose d’autre. Il y a une certaine liberté maintenant.
 
Franc-Parler: Le super 8, c’est un peu comme le vinyle en musique…
Yann Beauvais: C’est vrai, mais le super 8, il a ceci d’extraordinaire, c’est que vous avez toujours une cartouche de 3 minutes et qu’il faut arriver dans ces 3 minutes à faire quelque chose. Et l’une des choses qui est intéressante pour de nombreux cinéastes, c’est de penser: «En une prise, est-ce que je vais arriver à faire tenir tout ce que je veux si, par exemple, je ne fais qu’une prise?» Donc, essayer de créer un événement qui puisse se condenser là. C’est aussi un support qui est d’une telle souplesse, surtout si vous pouvez le développer. C’est assez incroyable. À la différence de la vidéo, vous n’avez pas le résultat immédiat, c’est vrai, mais ce que vous avez par contre, c’est cette sensualité que permet la photo argentique à la différence de la photo numérique. Il y a un petit peu ça qui est en jeu aussi.
 
Avril 2003
Propos recueillis: Éric Priou



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